Cas n°1 : la fiche technique peut rester très proche de l’original
La première page présente les caractéristiques d’un produit :
- Pièce en aluminium usinée sur mesure
- Dimensions : de 20 à 150 mm
- Production : petites et moyennes séries
- Tolérance : jusqu’à ± 0,02 mm
- Finitions disponibles : anodisation, polissage et peinture
- Délai moyen de production : 10 à 15 jours ouvrés
Pour la version britannique, ces informations ont peu de raisons de changer.
Le client veut connaître le matériau, les dimensions disponibles, les tolérances, les finitions ou encore les délais de fabrication.
Le besoin reste sensiblement identique d’un marché à l’autre.
Le travail consiste surtout à employer la terminologie technique appropriée et à vérifier que les unités, formulations et conventions utilisées correspondent aux habitudes locales.
Chercher à réécrire entièrement la page apporterait ici peu de valeur supplémentaire.
Cas n°2 : le titre est correctement traduit mais personne ne le recherche
Prenons maintenant une page consacrée au savoir-faire de l’entreprise.
En français, elle commence par : « Fabrication de pièces industrielles sur mesure »
Puis : « Nous vous accompagnons dans la conception et la fabrication de vos pièces techniques, de l’étude de votre besoin jusqu’à la production. »
Il est tout à fait possible d’obtenir une traduction anglaise naturelle et fidèle de ces deux éléments.
Mais imaginons qu’en étudiant les recherches réalisées au Royaume-Uni, nous constations que les prospects utilisent davantage des expressions telles que "CNC machining supplier", "precision engineering company" ou "small batch CNC machining."
Le problème ne vient alors pas de la traduction.
Il vient du fait que l’entreprise parle de son activité avec son propre vocabulaire, tandis que les clients potentiels la recherchent autrement.
Au lieu de reprendre systématiquement le titre français, la version britannique pourrait par exemple mettre en avant : "Precision CNC machining for small and medium production runs."
L’offre ne change pas, mais elle doit être présentée à partir des recherches réellement effectuées sur le marché ciblé.
Cas n°3 : les mêmes arguments ne déclenchent pas forcément la demande de devis
Troisième page : celle qui doit inciter le visiteur à demander un devis.
La version française met en avant :
- Un interlocuteur unique pour votre projet
- Plus de 20 ans d’expérience
- Un accompagnement de proximité
- Une équipe disponible pour étudier vos besoins
Ces arguments peuvent être traduits en anglais sans aucune difficulté.
Mais plaçons-nous maintenant du côté d’un responsable achats britannique qui compare plusieurs fournisseurs.
Avant d’envoyer sa demande, ses questions peuvent être beaucoup plus précises :
• Pouvez-vous produire seulement 50 unités ?
• Acceptez-vous les fichiers STEP ou CAD ?
• Quels sont vos délais de fabrication ?
• Livrez-vous au Royaume-Uni ?
Or aucune de ces réponses n’apparaît avant le formulaire.
Le problème n’est donc pas que « accompagnement de proximité » ait été mal traduit.
Mais on a reproduit exactement les mêmes arguments alors que le prospect cherche d’autres garanties à ce stade de son parcours.
La version britannique pourrait donc faire ressortir en priorité :
- Small production runs available
- STEP and CAD files accepted
- Delivery across the UK
- Quotes answered within 48 hours
L’expérience et l’accompagnement de l’entreprise restent intéressants, mais ils ne sont plus nécessairement placés en premier.
Même chose pour l’appel à l’action.
Le bouton français :
« Parlez-nous de votre projet » pourrait tout à fait devenir "Tell us about your project".
La traduction est correcte.
Pourtant, si le visiteur vient chercher un prix, un simple : "Request a quote" peut être beaucoup plus direct.
Cette fois, il ne s’agit donc plus uniquement de changer les mots.
C’est la hiérarchie de l’information et la manière de guider le visiteur qui évoluent.
En résumé
Ces exemples montrent qu’une même entreprise ne doit donc pas forcément traduire toutes ses pages de la même manière.
Sur ce site fictif, trois traitements seraient finalement nécessaires :
- La fiche produit reste très proche du contenu français
- La page consacrée au savoir-faire demande une recherche SEO spécifique au marché britannique
- La page de demande de devis nécessite davantage d’adaptation dans les arguments et les appels à l’action.
C’est pourquoi, dans un projet multilingue, la première question ne devrait pas être :
« Faut-il traduire ou localiser tout le site ? »
Il est plus pertinent de regarder le rôle de chaque contenu.
Chez JL WorldConnect, nous ne considérons pas un site multilingue comme une succession de textes à transposer d’une langue à une autre.
Notre travail consiste à identifier le bon niveau d’adaptation.
Ne pas réécrire ce qui fonctionne déjà, mais ne pas conserver non plus une traduction simplement parce qu’elle est linguistiquement correcte.
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